MARCHIN – Carte blanche tout en nuances, vendredi à Marchin, avec Bernard Massuir dans un Salto Vocale débarrassé des mots mais riche de sons, à découvrir.
Identifié comme une carte blanche offerte à Bernard Massuir, le concert programmé vendredi à Latitude 50° à Marchin pouvait laisser présager le passage sur scène de quelques invités surprise… Il n’en a rien été cependant. À la place, un concert en format de poche, économe de moyens mais riche de cette liberté vocale que l’on accorde volontiers à l’artiste reconnu pour être polymorphe.
Plus qu’un set musical, il s’agit donc ici d’un spectacle qui mêle à la chanson, les arts de la rue en intégrant au passage quelques pointes d’humour bien dosées qui ne sont pas sans rappeler les numéros de clown auxquels nous a déjà habitué Bernard Massuir. À lire entre les lignes… musicales, forcément et en tenant compte d’une gestuelle qui n’a pas son pareil pour rappeler le caractère pantomime bien marqué du personnage. Enlevez ça, il reste quand même – et c’est peu de l’écrire – ce qui a forgé son identité scénique. C’est-à-dire, un jeu de bouche et d’articulation, prétexte à toutes les folies sonores pour aboutir sur une large palette de sons.

Là, où dans les morceaux, la monotonie pourrait faire craindre le pire, puisqu’incompréhensible à l’oreille, viennent pourtant se placer quelques belles tranches de rire et l’envie, quand même, de poursuivre avec le gaillard l’aventure musicale. D’autant que, faute d’invité surprise, le concert joue la carte de l’impro, autorisant au passage la participation du public, pris à partie pour piocher les titres que le comédien interprétera. « On va jouer à un jeu, si ça vous dit, vous allez construire le spectacle » lancé en amorce, donne le ton.
Premier carton à être tiré : Une girafe. La note? Si. Grave, aiguë, forte ou basse, la voix se délie tandis que se module une ribambelle de sons qui se superposent aux premiers et aux chœurs repris en canon par le public qui se prête de bonne grâce au jeu. Groovity, un autre morceau à être tiré donne à la soirée sa note jazzy tandis que Silence et bruits divers apportent au moment son enchantement simple. Appeaux et autres «brols» prennent ici le relais de la voix pour un concert qui vient titiller les oreilles de son langage universel dont Bernard massuir se fait l’ambassadeur. Des surprises, il y en a encore avec notamment l’apport de quelques instruments dont une basse aux pieds et un piano à doigts qui ramène à ces instants fragiles de l’enfance où une simple mélodie suffisait à apaiser le jour. Reste le final, inspiré du cirque avec Charabia pantomime interprété en son temps par Charlot, dépoussiéré pour un jeu corporel et de bouche bien balancé.

Nathalie Bouttiau – Vers l ‘avenir – 5 mars 2013

Pin It on Pinterest

Share This